Déjà j'ai toujours pas reçu mon passe Navigo. Ce qui commence à me gaver, sachant que je l'ai demandé vendredi dernier et qu'ils étaient censés me l'envoyer "le plus vite possible par courrier". Ouais ben en attendant je paye tous mes trajets de RER : 10 Euros l'aller-retour, faites le calcul sur une semaine !!!! C'est le prix de la moitié du pass navigo par mois, et merde à la fin ! En plus mon entreprise doit me payer la moitié de mes trajets, mais pour être en règle il faut facture etc, donc je peux pas me faire rembourser les aller-retours "à l'unité" que je prends tous les matins ! Donc bon déjà ça me soule, je pense que je vais les appeler et gueuler un coup, tiens !
ENsuite, depuis lundi, il y a eu au moins 4 fois où mon RER était en retard ou carrément supprimé.
Genre, encore ce soir. J'arrive à Châtelet à 17h40, le prochain RER pour Evry Courcouronnes ets à 18h07 (bon déjà 1/2h d'attente ça me gave mais c'est la vie). A 18h, annonce : "le RER D nianiania est supprimé en raison d'incidents sur la voie".
Je fulmine grave là. Sachant que le suivant est vers 19h, faut pas pousser le vice, je vais prendre le métro jusque Gare de Lyon d'où d'autres RER D pour Courcouronnes partent. J'ai réussi à choper celui de 18h11, halleluiah !
Pour cela j'ai dû courir, me frayer un passage au milieu de cette masse visqueuse de gens particulièrement lents, aux effluves putrides. Il n'y a rien qui me donne plus envie de dégobiller que ça. Le métro. Des masses de gens complètement aliénés, déshumanisés par leur but dans la vie (qui semble être, après le boulot, râler après la SNCF.... Bah moi je râle aussi mais c'est pas pareil, je vais pas engueuler les pauvres employés qui y sont pour rien !), qui marchent presque au pas dans une chaleur moite et sous une lumière glauque de néons et ne font même plus attention aux clochards exhibant leurs moignons tous les 3 mètres... Rien de plus représentatif de notre société. En même temps on est bien obligé de faire abstraction, sous peine de devoir porter la misère du monde sur nos épaules, et c'est pas une tâche facile. Quand je sors de là dans l'air glacé c'est comme si je sortais de mon tombeau pour une nouvelle vie. J'oublie que j'ai failli me mettre à pleurer 12 fois en marchant dans les couloirs en voyant tous ces pauvres gens qui n'ont aucun autre endroit où aller, en me sentant coupable de ne rien donner, en me disant que ce n'est pas dans les circonstances actuelles que les choses vont s'arranger, en me sentant honteuse d'être née avec des parents qui peuvent m'aider, d'avoir les moyens de faire des études...
Mais revenons tout de même au sujet principal... Enfin bref, après, en raisonnant, je me dis que ce sont des gens, et que si le métro me saoûle tant, c'est -outre l'odeur et la sensation d'avoir une couche de crasse qui vous bouche toutes les pores de la peau- à cause des gens. Ceux qui s'arrêtent juste devant vous alors que vous êtes en train de marcher à une vitesse ahurissante pour espérer être à la maison en moins d'une heure, tous ceux qui lisent ces torchons de journaux gratuits qui appartiennent à des amis de notre "président" et en vantent les mérites, tous ceux qui vous regardent comme si vous étiez un alien parce que vous avez un LIVRE à la main, ceux qui se mettent à gauche sur l'escalator et qui restent plantés là, ceux qui puent (et quand vous êtes petit comme moi, et au niveau des aisselles, c'est une véritable torture).
Et puis après il y a le RER, où je jalouse tous ces gens bilingues qui parlent des langues que je ne parle pas, les téléphones portables qui hurlent, les bébés qui font des colères sous les yeux de parents touts émerveillés et la larme à l'oeil, ceux qui parlent dans leurs téléphones portables pour débiter des inepties et en en faisant par la même occasion profiter toute la rame, leur musique de merde qu'ils écoutent trop fort dans des baladeurs MP3 ou dans leurs iPhones, les "djeuns" rebelles qui veulent se la péter "agressifs" parce qu'ils ont réussi à prendre l'accent de la "téci" et qu'ils ont une capuche à moumoute par-dessus leurs casquette, sans savoir qu'ils ont juste l'air de crétins, toutes ces pouffes avec leurs portables bling-bling qu'elles comparent en se plaignant des services publics, sans oublier toutefois de garder la pose (un sac Longchamp, ça se tient comme ça et pas autrement !) et de mâcher bruyamment leurs chewing-gums...
J'aurais envie de disparaître, mais où ? Nous sommes déjà sous terre !
Sartre avait bien résumé ce que je ressens plusieurs heures par jour : l'Enfer, c'est bel et bien les autres...